/ zones sensibles / 2006 /

 

Un écrivain inspiré par le trajet Paris-Mantes

 

Les collégiens de Pasteur et Clemenceau se souviennent forcément de ce jeune professeur, Romain Verger, jeune titulaire du concours qui se retrouvait en poste à Mantes, il y a deux ans. C’est sur le trajet en train , puis de la gare aux collèges, en traversant « La Dalle », que l’impulsion d’écrire un roman lui est venue. Ce roman, Zones Sensibles est ancré dans la réalité du Val Fourré et de ses établissements dits « sensibles» mais l’écriture très poétique du roman s’en détache pour explorer un univers onirique. Les lieux réels ou les figures locales, le Collège au gré des heures de cours, les échappées vers la Dalle, "chez Mustapha", le café situé en face du Collège, "chez Hamed", le patron du Café de la Gare, Slobodan, l’énigmatique Ariel, professeure d’Arts Plastiques, Manuel , le patron de la gargote sont autant de prétextes à la déambulation poétique où l’humour affleure dans des scènes cocasses où le peuple anonyme des élèves défilent : Hassan et Houssine, Mina, Jérôme, Thomas , Leïla... qui se reconnaîtront sans doute. Le personnage , plongé dans la situation violente et déroutante d’un univers hostile, est submergé par d’étranges rêves de mer, des fantasmes qui lui font perdre pied avec la réalité. Ces Zones sensibles qui deviennent comme une frontière imperceptible du commencement de la névrose, le franchissement de ce que les psychanalystes appellent la "border line", névrose à laquelle on est exposé en travaillant dans cet univers, névrose de notre monde contemporain, névrose dans laquelle tout un chacun peut très vite sombrer. Tout commence par une douleur dans le dos et peu à peu tout se liquéfie dans un grand mouvement de mer qui engloutit le monde pour faire jaillir d’étranges rêves mêlés de nostalgie. Est-ce le sentiment ou le désir de se sentir partir, d’échapper à cette situation ?

Samedi 28 Janvier , Romain Verger donnait une lecture de son roman au café argentin "El Sur" à Paris accompagné du représentant de Quidam Editeur. Il a lu deux extraits pour ensuite laisser place aux questions du public. L’écrivain a ainsi expliqué son titre, ironisant sur l’appellation "sensible" de L’Education Nationale. Pour les rêves de mer, hormis la référence à la nostalgie de l’enfance, l’écrivain a rappelé que l’idée lui était venue sur le trajet Paris-Mantes, durant lequel, si on n’y prenait garde, en continuant la ligne jusqu’au bout, on pouvait se retrouver au bord de la mer...

/ gaëlle casellato /