/ grande ourse / 2007 / Javais été enthousiasmé par son précédent roman : Zones sensibles. Le tout récent Grande Ourse est une autre réussite. Se situer de suite dans un univers fantastique avec ce glissement hors de la réalité habituelle que Romain Verger maîtrise à merveille. Il sait prendre un phénomène, assez ordinaire à la base, et le mener à saturation de telle manière quon ne perçoit aucune exagération. Ainsi ses personnages sont-ils extrêmes ainsi que les situations toujours poussées à terme. Cest un premier aspect de son écriture, mais chaque événement est décrit avec un style précis et captivant qui fait quon est littéralement pris dans le récit, aussi incroyable soit-il. Son imagination est telle quon a de cesse daller au bout de lhistoire, et ici, on est servi, puisque le livre est composé de deux pans totalement indépendants, et si lon quitte la première partie avec regret, cest pour mieux tomber sur la seconde, dans laquelle on repart de plus belle. Au bout du compte, les deux morceaux quon pensait autonomes sassemblent dans limaginaire comme tenon et mortaise. Que ce soit personnage préhistorique proche de lanimal, ou moderne près du monstre, loeil relie les antagonismes dans la force de leur instinct et la puissance de leurs désirs. La grande ourse est la constellation glaciaire, et le livre sachève dans une mémoire lactée. / © Jacques Morin /
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