/ fractions du jardin /
/ friches / n°93 / 2006
De ce coin de jardin
- je découvre
la souche -
dans le renfoncement
de lombre
mûrissante
épargné
de la tonte
du sécateur
du fil à
débroussailler
la langue
de ce morceau
de bois
de traverse
du chemin
de fer
a poussé
une pleurote
à la décurrente
blancheur
de farine
sure.
*
À observer
tout le jour
cette monnaie
du pape
je me serai
peu enrichi
juste assez
pour te conter
mes rêves
de graines
la latence
des chlorophylles
le blanc
de lait
dense
et anisé
de la tige
coupée.
*
Et le jardin
me touchant
jeffeuillai
dépiautai
le tronc
de linfini
bouleau
jusquà
lévidente
nouure
du parchemin.
*
Linquiétant
ce ne sont pas
les feuilles
ces petites mortes
de lhiver
que leur retour
en plein été
dans les coins
cachées
derrière
les pots
venues
peupler
les sous
marches
en essaims
en nids
de gendarmes
cul à cul
(de lascives
et grouillantes
punaises des bois)
me piquant
doeillades
jusquaux
nervures
non pas
de loeil dormant
des bourgeons
mais
du glabre
de lhiver.
© romain verger