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Au-delà des lieux
des dits
passés
les derniers heurts
des dernières villes
(et dire qu'hier était la foulée des racines en déroute)
tout le passé se poste et se bouscule si près...
Pendus aux arbres droits comme des derricks -le fond de violence- les huiles du vent des tonnerres mécaniques, le masque pâle des nuits qu'on sait à d'autres.
*
Regs : tes têtes noires effraient qui est allé au désert de sa langue de bois
ta surface chauve toute de cals déroute
l'homme-poux rêve l'ombre dans son épaisseur sang.
*
Je m'annonce à l'entrée du désert
et l'on m'accepte
pour mon nom
les vergers tardent, n'ont pas suivi, enserrent de leurs grands bras carrés d'immenses aréoles sculptées d'eau
le soir, je voyais le flanc terreux chanceler, devenir ombre et me chanter sa matière à venir
je passai le soir moins démuni, dans l'odeur encore lointaine du Lieu.
*
Le vert m'est apparu
parcelles de péchés
*
De l'arène du sommeil pointèrent ces hautes termitières aérées
au lendemain du rêve on accueillait encore les hommes en mal d'ombre.
*
Le combat d'ennui dure et rumine au fond d'un bouge
convives rassemblés à délier un silence.
Le relief tout à coup cède
*
L'ongle pour horizon s'étend en couperet
tout l'espace est au sol, seuil du visible, s'imprégnant de rides frémissantes
dans la forge terrestre, une scène s'ébroue
*
Privée de proie, l'ombre a plié son envergure. Tapie, chétive au revers des pierres et ne regrettant rien des monts qu'on appelle "Doigts de singes"
Chaque pierre renouvelle l'inerte, le soir fait oeuvre dans le marc du temps
L'herbier a juré de hurler...
*
A l'aube, d'étranges signes aux lèvres de mollusques éclosent, colonisent les composts, écartèlent le temps
figures incompressibles d'une langue de pierre
prodiges frigides s'ouvrant vers l'intérieur
nuits ventriloques.
*
Depuis
une couche
éclôt
d'une autre couche
une peau
découd le soin d'une autre peau
Le noir
rapt au blafard
des langes d'épaves
repassent
Un visage renversé
verres vides et taches
assied d'autres faces de bois.
*
Tremblant
toujours comme des caillots d'air
le fond frissonne à tous étages
l'horizon cuirasse
apparu dans les postillons de sang bleus très sombres, tremblant à sec sur les regs peints.
© romain verger